Sylviane Huchet & Raphaël Fonfroide
Conférenciers d'Art Moderne et Contemporain

Conférences 2011-2012

Les cycles de conférences
2011-2012
seront assurés par
Raphaël Fonfroide.

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Apercu des conférences
de la saison 2012-2013.

 

Du pictorialisme à la Nouvelle Objectivité (1888-1933)

            Dans l'introduction, nous nous intéresserons brièvement aux débuts de la photographie, à la tension entre document "scientifique" et médium artistique (François-Alphonse Fortier / Hippolyte Bayard, Henri Le Secq / Edward J. Muybridge). Puis, nous aborderons le pictorialisme, un mouvement international qui cherche à rapprocher la photographie de la peinture (Henry Peach Robinson, Peter Henry Emerson, Robert Demachy, Constant Puyo). A la fin des années 10, aux Etats-Unis, si la Straith Photography se prononce en faveur d'un art dénué des artifices du pictorialisme, elle conserve une grande rigueur dans la composition (Alfred Stieglitz, Edward Steichen). La rupture est opérée par la Nouvelle Vision, un mouvement qui émerge en Allemagne dans les années 20. László Moholy-Nagy est la figure de proue de ce mouvement cherchant des agencements insolites. La Nouvelle Objectivité s'oppose à la Nouvelle Vision qu'elle qualifie de "pictorialisme abstrait". Les artistes de ce courant réalisent des photographies anti-spectaculaires et ils essayent d'effacer les marques de subjectivité (Albert Renger-Patzsch).

 

 

Gerhard Richter

→ Exposition Gerhard Richter, au Centre Pompidou (MNAM) du 3 juin au 24 septembre.

         A partir du milieu des années 60, Gerhard Richter pratique une perpétuelle interrogation sur le statut de la peinture et ses conventions. Postulant l’équivalence entre abstraction et figuration, il explore le statut de l’image.


Gerhard Richter : « Je peins des photos. La photo n’a pratiquement aucune réalité, elle n’est guère plus que l’image de l’apparence. La peinture, au contraire, est quelque chose de réel, elle a une présence. »

 

 

Le cirque dans les arts plastiques (fin XVIIIe – fin XXe)     

Depuis son développement à la fin du XVIIIe siècle, le cirque moderne a inspiré de nombreux artistes. Pour Edgar Degas, qui cherche à créer des points de vue plus complexes, les acrobates sont des sujets parfaits. Henri de Toulouse-Lautrec s’intéresse au cirque en tant que divertissement populaire animé par des marginaux. Les tableaux des néo-impressionnistes Georges Seurat et Kees Van Dongen héritent de l’engagement social de Lautrec. Pablo Picasso peint des clowns tragi-comiques comme autant de doubles de lui-même et des écuyères comme figures du désir. Les chevaux de cirque de Joan Mirò s’inscrivent dans un autre registre, celui de la poésie. Lyrisme et bricolage caractérisent le cirque miniature construit par Alexander Calder (et photographié par André Kertész et Brassaï). Chez Fernand Léger, le cirque devient le lieu des figures géométriques en mouvement. Les photographies de Cindy Sherman mettent en scène des clowns/clones terrifiants. La Bataille des tartes de Pierrick Sorin est une vidéo bouffonne et cruelle dans laquelle l’artiste s’empare de la vieille pratique clownesque de l’entartrage.

 

 

L'art et la viande : dissection de deux œuvres de Jana Sterbak et Gloria Friedmann.

→ Exposition Chaïm Soutine au Musée de l’Orangerie du 2 octobre au 21 janvier 2013.

Rembrandt, Chaïm Soutine, Jana Sterbak, Huan Zhang, Gloria Friedmann, Philippe Cognée.

Vanitas : Robe de chair pour albinos anorexique est conçue par Jana Sterbak en 1987. Constituée de morceaux viande crue, il s'agit d'une œuvre profondément ambivalente. Elle est à la fois corps et vêtement, intérieur et extérieur, humaine et animale, séduisante et repoussante, etc.
Le 16 octobre 1994, Gloria Friedmann fait entrer un taureau, dans l'auditorium du Musée d'Art moderne de la Ville de Paris. Le bovin est entravé. Non loin de lui est suspendue la carcasse de l'un de ses congénères…

 

 

Bertrand Lavier

→ Exposition Bertrand Lavier, au Centre Pompidou (MNAM) du 26 septembre à janvier 2013.

Bertrand Lavier travaille sur les limites poreuses de l’art. Au lieu de peindre des objets sur des toiles, il les recouvre littéralement de peinture, ce qui leur donne une nouvelle visibilité. En installant un réfrigérateur sur un coffre-fort, il questionne le statut du socle dans la sculpture. Giulietta est une épave automobile qu’il s’est « contenté » de faire déplacer d’une casse à un musée.

Bertrand Lavier : « C’est parce que j’ai un pied dans deux domaines en apparence antagonistes, celui de la poétique et celui de la théorie, que les choses ont des chances d’être réussies… Donc de paraître consternantes. »

 

 

Le Pop Art

            Il existe deux Pop Art pétris par leurs cultures populaires. L’un est né en 1956 en Angleterre avec Richard Hamilton. L’autre se développe aux Etats-Unis à la toute fin des années 1950, en réaction à l’Expressionnisme abstrait. Dans les deux cas, les artistes s’intéressent au rôle des médias dans la construction de notre monde. L’iconographie et les techniques médiatiques sont utilisées par Roy Lichtenstein, Andy Warhol, Tom Wesselmann, James Rosenquist et Claes Oldenburg.
Il serait intéressant d’ouvrir sur les résurgences du Pop Art dans l’art actuel en étudiant brièvement Takashi Murakami, le chef de file du néo-pop japonais.

 

 

Le Nouveau Réalisme

Le 27 octobre 1960 est signée la déclaration constitutive du Nouveau Réalisme, mouvement qu’il est réducteur de considérer comme la version française du Pop Art. « La finalité essentielle de la démarche appropriative du Nouveau Réalisme : le recyclage poétique du réel urbain, industriel, publicitaire. » (Pierre Restany)
Il existe une spécialisation identitaire au sein Nouveau Réalisme : les accumulations d’Arman, les compressions de César, les empaquetages de Christo & Jeanne-Claude, les IKB d’Yves Klein, les tableaux pièges de Spoerri, les tirs à la carabine de Niki de Saint Phalle et les machines de Jean Tinguely.

 

 

Le Minimalisme

            « Minimal art » est employé pour la première fois par Richard Wollheim en 1965. Ce mouvement se caractérise par l'utilisation d'une syntaxe simple constituée d'éléments modulaires et de structures primaires. Il peut être considéré comme une réaction au Pop Art. Les Minimalistes s’intéressent à la perception des œuvres dans l’espace qui les environnent. Ils sont les premiers à poser la question de la réaction du corps du spectateur face aux oeuvres.
Nous étudierons notamment les peintures de Frank Stella, les néons de Dan Flavin, les sculptures de Donald Judd et Carl André.

 

 

L’Art conceptuel

            A la fin des années 60, l’Art conceptuel radicalise le souci d’économie des Minimalistes. Pour les artistes de cette tendance héritière des remises en cause de Marcel Duchamp, l’idée (le concept) prime sur l’objet. La réalisation de l’œuvre n’est pas nécessaire ; c’est une façon de réagir à la conception de l’œuvre comme marchandise qui prend alors de l’ampleur.
Nous analyserons des propositions de Sol LeWitt, Joseph Kosuth, Robert Morris, Lawrence Weiner et du groupe Art & Language.

 

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